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Le vélo historique de mon père



Le vélo de mon Père

Un vélo de course André BOUCHER des années 50 préparé pour Jacques ANQUETIL à ses débuts.

Cette bicyclette aurait été utilisée par Jacques ANQUETIL entre ses débuts "amateur" au club de l' A. C. Sottevillais et ses débuts "professionnel" en 1953 aux dires d'André BOUCHER en Juin 1958.

Je précise que j'accompagnais mon père ce jour là en 1958 chez André BOUCHER, place Trianon à Sotteville pour l'achat d'un vélo performant.
A cette occasion, André BOUCHER nous a présenté et conseillé un vélo pendu dans son atelier et qu'il nous a dit avoir appartenu à Jacques ANQUETIL.

André BOUCHER était un homme droit qui je pense n'avait aucun intérêt à nous mentir. Je pense qu'il aurait eu plus à gagner de vendre un vélo du commerce. Il a proposé ce vélo à mon père par amitié, ils se sont connus à Sotteville pendant la guerre.

Les débuts de Jacques ANQUETIL (1951-1953) Source Wikipédia

Il participe à sa première course au Havre, le 8 avril 1951, le Grand Prix de Gai-Sport, dans lequel son ami et coéquipier Maurice Dieulois s'impose.
Jacques Anquetil remporte sa première victoire moins d'un mois plus tard, lors du prix Maurice Latour, à Rouen, le 3 mai 1951.
Dans la foulée, il signe plusieurs autres victoires, comme le Grand Prix de l'UC Darnétalaise le 10 juin ou le Grand Prix de Pont de l'Arche une semaine plus tard.
Jacques Anquetil vise alors le maillot des jeunes de Paris Normandie, qui récompense le meilleur coureur débutant de la région.
La finale du trophée se court à Pont-Audemer, avec un contre-la-montre de 85,6 kilomètres qui regroupe les quatorze premiers du classement provisoire. Il part en dernière position, juste après Maurice Dieulois puisqu'ils occupent les deux premières places du classement après les courses en ligne. Très vite, Jacques Anquetil, qui s'est élancé quatre minutes après son ami, a celui-ci en point de mire.
Il déclare après la course : "Je ruinais peut-être à cet instant-là tous ses espoirs. Je ne veux pas paraître plus sentimental que je ne le suis, mais je le dis parce que c'est vrai, j'ai ralenti pendant une dizaine de kilomètres pour ne pas le dépasser trop vite. Enfin comme le temps passait, j'ai dû me décider à le doubler. Je le fis comme une flèche, sans un regard, pour abréger la chose."
Jacques Anquetil revêt donc le maillot des jeunes 1951 et gagne dans la foulée le titre de champion de Normandie des sociétés, avec ses camarades Maurice Dieulois, Le Ber, Levasseur et Quinet.

Un coureur amateur et indépendant prometteur (1952-1953)
L'année 1952 confirme les espoirs placés en lui par son mentor du club de l'AC Sotteville, André Boucher.
Il remporte neuf courses régionales, renouvelle son succès au championnat de Normandie des sociétés en y ajoutant le titre individuel, et se signale au niveau national par deux victoires : il remporte le Grand Prix de France, une épreuve contre-la-montre dont c'est la première édition9, et gagne le titre de champion de France amateurs à Carcassonne.
Son directeur André Boucher raconte ce succès dans un entretien à Miroir du cyclisme : " Il s'était mis en tête que la victoire devait revenir à Rouer. Personnellement, j'étais interdit de suivre la course pour une raison imbécile de différend avec un commissaire et je m'étais dissimulé dans un fossé sur le circuit, à un endroit stratégique, juste après l'ascension du col du Portel. Quand il est passé, facile mais vraiment pas très motivé, j'ai jailli et je lui ai hurlé : « Allez Jacques, c'est maintenant. » Il m'a écouté, s'en est allé d'une manière insolente et a relégué tous ses adversaires bien loin derrière lui".
Sélectionné en équipe de France pour participer aux Jeux olympiques de 1952 à Helsinki, il se classe 12e de l'épreuve individuelle sur route et remporte, avec l'équipe de France, la médaille de bronze de la course par équipes, en compagnie de Claude Rouer et Alfred Tonello.
En 1953, Jacques Anquetil prend une licence dans la catégorie des « indépendants », ce qui lui permet de pouvoir courir avec les professionnels.
Il remporte neuf courses régionales, dont le Tour de la Manche, lors duquel il s'impose largement sur l'étape contre-la-montre entre Avranches et Saint-Hilaire-du-Harcouët.
Cette performance est d'autant plus retentissante que sont présents sur cette compétition des coureurs professionnels comme Jean Brankart, Albert Bouvet, Jean Stablinski et Attilio Redolfi.
Le 23 août, il remporte la finale du Maillot des As, une épreuve contre-la-montre organisée par le quotidien Paris-Normandie et qui rassemble les meilleurs coureurs amateurs de la région. Il réalise à cette occasion un véritable exploit en parcourant les 122 km à la moyenne de 42,052 km/h et en distançant son second, Claude Le Ber, de plus de neuf minutes.
Le journal L'Équipe note alors : « Sur sa performance, Anquetil aurait très certainement battu les plus grandes vedettes internationales. »

Ses performances attirent le regard des observateurs. L'ancien coureur Francis Pélissier, surnommé le « Sorcier », lui propose un contrat professionnel au sein de son équipe « La Perle »
Il l'engage le 27 septembre 1953 pour courir le renommé Grand Prix des Nations, une épreuve contre-la-montre de 140 kilomètres qui emprunte notamment les côtes de la vallée de Chevreuse.
Jacques Anquetil remporte sa première course internationale de prestige et devance son second Roger Creton de près de sept minutes, en approchant de trente secondes le record de l'épreuve, détenu par le Suisse Hugo Koblet.

On connaîtra la suite après que ce dernier soit passé " professionnel " en 1953.....

Les seules photos que j'ai pu trouver de ce vélo "La Perle" lors du Grand Prix des Nations de 1953.

11 heures 30, dimanche 2 septembre 1953, Versailles, au départ des 140 km du Grand Prix des Nations.
Un attroupement autour de Francis Pélissier.
Il est interrogé : Francis, parlez-nous de votre nouvelle recrue Jacques ANQUETIL.
Goguenard, les yeux plissés de joie, Francis Pélissier déclare : ANQUETIL ? Le môme ? Vous allez le voir tout à l'heure dans la vallée de Chevreuse ... C'est un champion, le môme...

A moins que ce ne soit ce second fameux vélo identique à celui de Maurice DIEULOIS de marque " La Perle " préparé par André BOUCHER pour la saison 1953 et dont apparemment personne n'en fait mention ni sur les blog, ni sur les forums par la suite.
C'est ce qui me fait penser qu'il s'agit bien de ce vélo.

Par la suite, ce vélo à l'origine rouge grenat et blanc, a été ré-émaillé en blanc sur la demande de mon père (choix de couleur) et re-conditionné toujours par André BOUCHER en 1958 pour l'alléger au maximum avec les équipements du moment puis "up-gradé" entre 1965 et 1970.

Le vélo de mon père

André BOUCHER aurait donc préparé ce vélo dans les années 1950 pour Jacques ANQUETIL puis donc conservé dans son atelier de la Place Trianon après que ce dernier soit passé professionnel en 1953.
André Boucher avait fait signer à Jacques ANQUETIL sa première licence le 20 décembre 1950.
Je possède ce vélo depuis 1973 au décès de mon Père, depuis j'ai conservé toujours bien à l'abri ce vélo qui n'a pas trop souffert des affres du temps.

Le vélo aujourd'hui tel que re-conditionné puis allégé entre 1958 et 1970:

Cadre Bernard CARRE et fourche en tubes Reynolds 531 (le tube de fourche est renforcée avec un manchon en buis). Taille 56.

- Équipements :

  • Freins MAFAC, guidon Philippe d'origine, guidoline tissu, bouchon couvert avec guidoline.
  • Selle Idéale "90" mention gravée dans le cuir "Rodée main selon D. Rebour" .
  • Tube de selle et chariot Simplex en acier.
  • Dérailleur Simplex.
  • Pédales course Lyotard.
  • Pédalier Stronglight "93" de 1971.
  • Cale-pieds Christophe avec courroies cuir compétition de taille M.
  • Roues à boyaux Hutchinson Sprint Milano.
  • Moyeux Normendy.
  • Dérailleurs Juy Simplex de 1967/70.
  • Roue libre Cyclo.
  • Porte-bidon Vit'O.

En bleu, les équipements d'origine conservés
(Emile ARBES): "Le guidon, le jeu de direction, les pédales, les cale-pieds, les freins et le porte bidon semblent d'origine."

- Poids du vélo : 10,500 kg.

Plus de détails sur le vélo

Ce vélo est en vente sur "Le Bon Coin"

André BOUCHER a préparé deux vélos identiques de marque " La Perle " pour la saison 1953, l'un pour Maurice DIEULOIS et l'autre pour Jacques ANQUETIL.
C'est avec un vélo " La Perle " que Jacques ANQUETIL (19 ans) à remporté le Tour de la Manche en 1953, le Grand-Prix des Nations et le Maillot des As Paris-Normandie, toujours en 1953.

Le vélo pour la saison 1953 (en principe similaire à celui de Maurice DIEULOIS) :

Cadre et fourche en tubes Reynolds 531.

- Equipements :

  • Freins LAM, guidon Philippe, guidoline tissu Tressostar, bouchon en liège.
  • Selle cuir Idéale, tube de selle et chariot Simplex en acier.
  • Pédalier et jeu de direction Stronglight.
  • Dérailleur Simplex.
  • Pédales course Lyotard.
  • Cale-pieds Christophe avec courroies cuir Watrin Compétition.
  • Roues à boyaux. Moyeux Normendy.
  • Roue libre Cyclo.
  • Chaine Sédis.
  • Porte bidon W.V,
  • Gonfleur EDCO.
  • Arrache-clous Pélissier.

- Poids du vélo: 11,500 kg.

 

Il existe pour cette époque la réplique restaurée d'un vélo "La Perle" de Jacques Anquetil de 1955 (Le vélo initial existe-t-il encore et qu'est-il devenu ?)

Quoi qu'il en soit ce vélo n'était pas aux couleur de celui que j'avais vu dans l'atelier d'André BOUCHER, qui je le rappelle était rouge grenat et blanc. Et qui plus est, les équipements sont complètement différents.

- Vélo restauré:

  • Cadre acier en tubes Rubis Superléger.
  • Guidon PIVO (potence acier chromé, cintre alu).
  • Guidoline tissu Tressostar, bouchons caoutchouc.
  • Freins Lam. Dérailleurs Simplex.
  • Roue-libre 5 vitesses R.Duban "Superemo".
  • Jeu de direction et pédalier Stronglight.
  • Pédales Lyotard, cale-pieds Christophe et courroies cuir Campionnissimo.
  • Selle cuir Idéale "88", tige et chariot acier Idéale.
  • Roues à boyaux, moyeux et blocage-rapides Campagnolo, jantes Sportal.
  • Chaîne Sédis.
  • Porte-bidon V.W.
  • Arrache-clous Ozanne.

- Poids du vélo : 10,00 kg.

 

Les commentaires sur ce vélo

J'avais passé une annonce sur le Bon Coin fin Juillet sans fixer de prix mais en demandant aux acheteurs éventuels de justifier de leur intéret pour ce vélo et de proposer un prix.
Les réponses nombreuses ne se sont pas fait attendre, notamment de "spécialistes" mais aussi d'une personne se présentant Philippe ANQUETIL (Le frère du champion).
Parmi ces spécialistes, je remercie Emile ARBES qui a pris le temps d'éxaminer les photos que je lui avais envoyé.
Son expertise conclut que ce vélo n'était pas celui de Jacques ANQUETIL pour la saison 1953. Alors, où est donc ce vélo et qu'est-il devenu ?
J'ai reçu par téléphone une offre d'un ancien coureur Américain pour 12.000§ que j'ai déclinée préférant que ce vélo reste en France chez un collectionneur ou dans un musée.

Refusant de mettre en doute la parole d'André BOUCHER, je suis persuadé que le vélo acheté par mon père est un vélo préparé par André BOUCHER entre 1950 et 1953 mis à disposition
de Jacques ANQUETIL pendant sa carrière "amateur" à L'A.C.S. sous la direction d'André BOUCHER.

Les vélos de Jacques ANQUETIL étaient-ils de taille 56 avant 1953 ?. Cette taille correspond au vélo de mon père.
N'oublions pas que Jacques ANQUETIL n'avait que 19 ans en 1953 et qu'il a été managé à 16 ans par André BOUCHER. Un gamin !.

Il est incontestable que ce vélo André BOUCHER fasse partie de peut-être d'un lot de plusieurs vélos assemblés pour Jacques ANQUETIL à ses débuts.

Une photo dédicacée de Jacques ANQUETIL pour mon père datant des années 50 alors qu'il était "amateur"


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Le vélo de mon père faisait l'admiration de ses collègues du "Club des Anciens du Vélo" de Rouen.

(Mon père à l'extrême droite de la photo)

Un forum intéressant sur les cadres Bernard CARRE des années 50: http://www.velovintageagogo.com/t4793-bernard-carre

Les médias suite à l'annonce sur le Bon Coin:

Souvenirs de l'année 1958

De retour d'une balade sur mon vélo 1/2 course rouge et blanc, lui aussi André BOUCHER en compagnie de mon Père avec son ancien vélo André BOUCHER avant d'acquérir le fameux vélo de Jacques ANQUETIL.

 

Une photo avec mon Père, fin Juin 1958.

Juste avant le départ pour l'Angleterre. Il faut noter que je fais la tête.
La bonne raison c'est que je partais pour 3 mois dans une famille à Gosport (en face de Portsmouth). Dur de quitter mes parents, la maison et la Normandie.

Mon Père m'amenait au Havre pour le départ le soir vers Southampton.

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Cette année 1958 mes parents avaient acheté notre maison et aussi cette belle 203 Peugeot.
C'est aussi l'année ou mon Père a acheté le fameux vélo Jacques ANQUETIL.

J'ai alors 14 ans.